ICAR 2018 Chamonix | Commission Internationale du Secours Alpin
chargement

Le secours en montagne en France


En France, le secours en montagne est organisé majoritairement par l’Etat. La police, avec les unités montagne des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), les Pelotons de Gendarmerie de (Haute) Montagne (PGHM ou PGM), et le Groupe Montagne des Sapeurs-Pompiers (GMSP) se partagent cette mission. Ils sont accompagnés par des médecins urgentistes hospitaliers formés au secours en montagne.



La France compte 22 départements avec une organisation pour le secours en montagne. Sur l’ensemble des massifs et selon les départements, les services de secours interviennent soit en alternance hebdomadaire, soit en se répartissant le territoire, soit en mixité. Ce service public est gratuit pour les personnes secourues, il est pris en charge par l’État. Les domaines skiables constituent la seule exception. Les pisteurs-secouristes, sous la responsabilité de la commune, proposent des prestations privées de secours et d'évacuation qui peuvent donner lieu à facturation.


Professionnalisation continue


L’histoire a façonné cette organisation des secours.


A la fin du 19e siècle, les « Sociétés de secours », bénévoles, ont progressivement vu le jour, constituées de guides de montagne et de montagnards locaux. Les difficultés d’organisation rencontrées lors de plusieurs opérations de sauvetage, notamment le décès dramatique de deux jeunes alpinistes, Jean Vincendon et François Henry, sur le Mont Blanc au cours de l’hiver 56-57, ont conduit à la professionnalisation des secours.


Ainsi, en 1958 par la circulaire du 21 août, le ministre de l’intérieur confie l’organisation du secours en montagne aux préfets. Ces derniers ont pris la direction des acteurs en place, définissant leur rôle opérationnel. La Haute-Savoie est le seul département dans lequel les Sociétés de secours en Montagne jouent encore un rôle majeur. Elles épaulent les sauveteurs professionnels, venant en renfort à l’occasion d’opérations terrestres ou de recherche en avalanches. Elles gèrent pour certaines, comme La Chamoniarde, les réseaux radios d’alerte et de secours en montagne et s’implique dans la prévention des risques en montagne.




Formation

Gendarmes et CRS suivent une formation similaire de sauvetage, qui dure une quarantaine de semaines. La formation des sapeurs-pompiers, modulaire, répond aux exigences auxquelles les secouristes doivent faire face localement.

Indépendamment de l’organisation, ils disposent tous d’une formation généraliste qui les qualifie pour tous les types d’interventions. Ainsi, leurs compétences leur permettent d’effectuer une opération héliportée ou de partir dans un canyon.


Moyens héliportés et interventions

Les hélicoptères nécessaires aux interventions peuvent être mis à disposition soit par les sections aériennes de la Gendarmerie nationale, soit par la Sécurité Civile. Le cas échéant, des entreprises privées peuvent être appelées en renfort et engager des hélicoptères supplémentaires. 

Un équipage est composé d’un pilote, d’un mécanicien treuilliste, de deux secouristes et d’un médecin du secours en montagne.

Médicalisation des interventions

75% des missions de secours nécessitent une médicalisation. En France, des médecins spécialisés en médecine d’urgence assurent des permanences dans les bases de secours. Ils ont, en plus de leur formation médicale, une formation initiale spécifique au secours en montagne de 4 semaines au minimum. Puis une formation continue. 

Quelques chiffres

En 2017, la Haute-Savoie a lancé 1513 opérations de secours. 


La randonnée représente l’activité sportive qui génère le plus de travail pour les secouristes. Viennent ensuite deux disciplines ex æquo : le VTT et l’alpinisme (respectivement 10%). Les parapentistes et adeptes du deltaplane ainsi que les skieurs de randonnée impliquent moitié moins de sauvetage. Les interventions des services publics pour les activités de glisse sur neige dans le périmètre des domaines skiables, appelés par les services des pistes ou indépendamment, comptent pour environ 20% du total annuel.

En 2017, en France, 205 personnes secourues sont décédées. Si l’on examine les décès sur une longue période, les chiffres restent relativement constants, alors que le nombre de pratiquants des sports de montagne augmente. Ceci s’explique notamment par l’efficacité du secours en montagne et l’important travail de prévention.